Édition n°3 · 12 octobre 2026
Injections intimes, des preuves encore bien minces
Toxine botulique et acide hyaluronique à l'épreuve des preuves, un essai randomisé en chirurgie du prolapsus, des recommandations sur l'éjaculation. Et cinq nouveaux rendez-vous à l'agenda.
Cette troisième édition réunit neuf travaux, plus variés que la semaine dernière : un essai randomisé, des recommandations internationales, deux revues de la littérature, et des études observationnelles ou qualitatives. Notre fil rouge : les injections intimes, dont l'intérêt reste à démontrer.
Les injections à l'épreuve des preuves. Une revue de revues sur la toxine botulique injectée dans les corps caverneux en cas de troubles de l'érection résistants juge toutes les analyses disponibles à haut risque de biais ; un essai contre placebo de 165 patients, cité par les auteurs sans être intégré à leurs analyses, ne montre pas d'amélioration à 3 mois, et les auteurs ne recommandent pas ce geste en pratique courante (fiche). Dans le syndrome génito-urinaire de la ménopause, une étude pilote d'injection vaginale d'acide hyaluronique rapporte des scores améliorés à un mois, mais sans groupe contrôle, avec plus d'une femme sur quatre perdue de vue et sans données de tolérance (fiche). La même prudence s'impose que pour le laser, comme le rappelle notre dossier.
Atrophie génitale sous testostérone. Des entretiens avec 28 adultes transmasculins décrivent des symptômes fréquents, souvent minimisés, et des obstacles à l'accès aux œstrogènes locaux (fiche).
Sexualité masculine. La 5e Consultation internationale de médecine sexuelle publie 29 recommandations sur l'éjaculation prématurée et retardée, avec peu de preuves pour cette dernière (fiche). Environ quinze ans après une infertilité, une enquête ne trouve pas de différence de sexualité entre les hommes devenus pères et les autres (fiche). Une série de 547 prothèses péniennes rapporte peu d'infections, sans permettre de comparer ambulatoire et hôpital (fiche).
Plancher pelvien. Le seul essai randomisé de la semaine compare deux prothèses de sacrocolpopexie, avec des résultats proches à 2 ans (fiche). Les fils à résorption lente sont associés à plus d'échecs mais à moins de complications nécessitant un nouveau geste dans la suspension utéro-sacrée (fiche), et l'incontinence urinaire s'améliore après chirurgie de l'obésité dans des études observationnelles (fiche).
L'agenda accueille cinq rendez-vous : le congrès de l'EUGA à Athènes du 3 au 5 décembre, la journée francophone de la SIFUD-PP à Genève le 15 janvier, un webinaire ISSM-Movember sur la santé sexuelle après un cancer de la prostate le 4 mars, l'AMWC à Cannes du 1er au 3 avril, puis le congrès de la WAS au Cap du 1er au 3 octobre 2027. Dates limites de soumission des résumés à ne pas manquer : le 15 octobre pour l'ESSM (Valence) et le 25 octobre pour l'ISSWSH (Vancouver).
Bonne lecture.