Hommes ayant connu une infertilité : pas de différence de sexualité à 15 ans, qu'ils soient devenus pères ou non
Sexual self-concept and sexual dysfunctions in men with fulfilled versus unfulfilled desire for children 15 years after onset: a propensity score–matched analysis from the Bavarian Men's Health-Study
En bref
Après des difficultés à concevoir un enfant (infertilité), devenir père ou non change-t-il la sexualité des hommes à long terme ? Une enquête bavaroise a interrogé 1 097 hommes d'environ 50 ans ayant connu, en moyenne vers 36 ans, un désir d'enfant non satisfait ; près des deux tiers sont ensuite devenus pères. Aucune différence n'apparaît entre pères et non-pères pour les troubles de l'érection, du désir ou de l'éjaculation ; en comparant des hommes aux profils semblables, la façon de se percevoir sexuellement ne diffère pas non plus. Réalisée une seule fois, sur des réponses déclarées, sans mesure au moment de l'infertilité ni avis des partenaires, l'enquête ne permet pas de conclure sur l'effet de l'infertilité elle-même ni sur l'évolution dans le temps.
Analyse pour les professionnels
Analyse transversale de la Bavarian Men's Health-Study chez 1 097 hommes (âge moyen 50,6 ± 0,7 ans) ayant tous connu un désir d'enfant non satisfait (critères OMS, entretiens structurés), apparu en moyenne à 35,9 ± 6,1 ans ; 65,5 % sont ensuite devenus pères. Concept de soi sexuel comparé entre pères et non-pères après appariement 1:1 sur score de propension (IMC, spermogramme, existence et durée de la relation de couple, niveau d'études, situation financière perçue ; âge cité dans le résumé), test de Wilcoxon-Mann-Whitney ; dysfonctions sexuelles comparées dans l'échantillon complet non apparié (718 contre 379). Critères : quatre dimensions du concept de soi sexuel (rôle masculin de « dureté », image corporelle, estime de soi sexuelle, pression sexuelle perçue) et prévalence de dysfonction érectile (IIEF-EF, Erection Hardness Score), baisse du désir, éjaculation prématurée et retardée. Effectifs appariés de 588 à 630 selon la dimension. Aucune différence significative pour le concept de soi sexuel après appariement (P > .05) ni pour les dysfonctions sans appariement (DE P = .187 ; baisse du désir P = .264 ; EP P = .088 ; ER P = .358). Les auteurs concluent que l'issue reproductive n'aurait qu'un effet modeste à long terme sur la sexualité, ce qui peut aider à rassurer en consultation.
Points clés
- Environ 15 ans après une infertilité, la sexualité des hommes devenus pères ne diffère pas de celle des hommes restés sans enfant.
- Pas de différence de dysfonction érectile, de désir ni d'éjaculation (comparaison sans appariement).
- Résultat négatif utile pour le conseil des couples confrontés à l'infertilité.
- Données transversales et auto-déclarées, sans mesure au moment de l'infertilité : pas de conclusion causale.
Limites
Une seule vague d'enquête chez des hommes de 50 ans en Bavière ; spermogramme et recours à l'AMP auto-déclarés (biais de mémoire et de classement) ; pas d'analyse selon la cause de l'infertilité ni le recours à l'AMP ; aucune mesure au début du désir d'enfant ; échelles courtes à cohérence interne modeste (alpha de Cronbach 0,62 à 0,73) ; partenaires non interrogées. ; comparaison des dysfonctions sexuelles non appariée (facteurs de confusion non contrôlés pour ce critère).
Financement et liens d'intérêts des auteurs
Rubriques financement et liens d'intérêts présentes dans l'article mais non lisibles dans la source consultée : à vérifier.