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Laser vaginal et ménopause, que dit vraiment la science ?
Le laser vaginal est très proposé contre la sécheresse et les douleurs liées à la ménopause. Les essais contrôlés et les recommandations de 2025-2026 invitent à la prudence.
Publié le 2 octobre 2026 · Relu par Dr Josué Segura
De quoi parle-t-on ?
Avec la baisse des œstrogènes à la ménopause, les muqueuses de la vulve et du vagin s'affinent et s'assèchent. Cela peut entraîner sécheresse, brûlures, douleurs pendant les rapports, envies pressantes d'uriner ou infections urinaires à répétition. Les médecins parlent de syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM). Il est fréquent après la ménopause et a tendance à persister sans traitement.
Les traitements qui ont fait leurs preuves
Les recommandations américaines publiées en 2025 par l'AUA, la SUFU et l'AUGS recommandent :
- les hydratants et lubrifiants vaginaux, sans ordonnance (recommandation modérée) ;
- les œstrogènes vaginaux à faible dose, qui agissent localement et passent très peu dans le sang (recommandation forte) ;
- la DHEA vaginale (prastérone) (recommandation modérée) et, dans certains cas, l'ospémifène (recommandation conditionnelle).
Chez les femmes ayant eu un cancer du sein, ces mêmes recommandations admettent l'œstrogène vaginal à faible dose dans le cadre d'une décision partagée et pluridisciplinaire, avec l'équipe d'oncologie (avis d'experts).
Et le laser ?
Le laser CO2 ou Er:YAG, et la radiofréquence, chauffent la muqueuse pour stimuler sa régénération. Les premières études, sans groupe de comparaison, étaient très favorables. Mais lorsqu'on compare le laser à un traitement simulé (le même geste, appareil éteint), ce qui est la seule manière de séparer l'effet réel de l'effet placebo et de l'évolution naturelle, les résultats sont décevants :
- dans l'essai australien publié dans le JAMA en 2021 (85 femmes, suivi d'un an), le laser CO2 n'a pas fait mieux que le simulé sur les symptômes, ni sur l'état de la muqueuse ;
- chez les femmes traitées pour un cancer du sein et prenant un inhibiteur de l'aromatase, l'essai espagnol LIGHT (JAMA Network Open, 2023) n'a pas montré de supériorité du laser CO2 sur le simulé pour la fonction sexuelle.
Les études sans groupe simulé continuent de rapporter des améliorations : en 2026 encore, un essai brésilien chez des survivantes de cancer du sein a observé des bénéfices comparables avec le laser, la radiofréquence ou un œstrogène local (notre analyse). Mais sans comparaison au simulé, on ne peut pas attribuer cette amélioration au laser lui-même.
C'est pourquoi les recommandations AUA/SUFU/AUGS de 2025 indiquent aux médecins que les données disponibles ne soutiennent pas l'utilisation du laser CO2, du laser Er:YAG ou de la radiofréquence pour traiter le SGUM. Seul le laser CO2 peut être envisagé, en décision partagée et en précisant qu'il reste expérimental hors essai clinique, chez les patientes qui ne peuvent pas recevoir les traitements approuvés ou qui préfèrent une alternative (avis d'experts). Dès 2018, l'agence américaine du médicament (FDA) avait alerté sur la promotion de ces dispositifs pour le « rajeunissement vaginal » et sur des cas de brûlures, cicatrices et douleurs.
Ce qu'il faut retenir
- Le SGUM est fréquent, chronique, et se soigne : il ne faut pas hésiter à en parler.
- Les traitements de première intention sont simples, peu coûteux et bien évalués.
- Le laser et la radiofréquence ne sont pas, à ce jour, des traitements de référence : leur efficacité propre n'est pas démontrée dans les essais contre simulé.
- Si un traitement par énergie vous est proposé, demandez quelles preuves le soutiennent, quel est son coût, et quelles alternatives existent.
Pour les professionnels
Les essais contrôlés contre simulé disponibles sont de taille modeste et hétérogènes (protocoles, critères de jugement, populations), ce qui laisse une place à de futurs essais mieux puissants, notamment chez les femmes pour qui l'hormonothérapie locale est contre-indiquée ou refusée. En pratique, l'information éclairée doit mentionner le niveau de preuve, l'absence de recommandation de première intention et l'existence d'alternatives validées. L'inclusion des patientes dans des essais ou registres reste la voie la plus utile pour faire progresser la connaissance.
Sources
- Li FG, et al. Effect of Fractional Carbon Dioxide Laser vs Sham Treatment on Symptom Severity in Women With Postmenopausal Vaginal Symptoms: A Randomized Clinical Trial. JAMA. 2021. doi:10.1001/jama.2021.14892
- Mension E, et al. Effect of Fractional Carbon Dioxide vs Sham Laser on Sexual Function in Survivors of Breast Cancer Receiving Aromatase Inhibitors for Genitourinary Syndrome of Menopause: The LIGHT Randomized Clinical Trial. JAMA Network Open. 2023. doi:10.1001/jamanetworkopen.2022.55697
- Kaufman MR, Ackerman AL, Amin KA, et al. The AUA/SUFU/AUGS Guideline on Genitourinary Syndrome of Menopause. J Urol. 2025;214(3). auanet.org · doi:10.1097/JU.0000000000004589
- Dedonatto C, et al. Laser, radiofrequency, and promestriene in the treatment of genitourinary syndrome of menopause in breast cancer survivors: randomized clinical trial. International Urogynecology Journal. 2026. doi:10.1007/s00192-026-06784-4
- U.S. Food and Drug Administration. Statement on efforts to safeguard women's health from deceptive health claims and significant risks related to devices marketed for use in medical procedures for "vaginal rejuvenation". Juillet 2018. fda.gov