ÉtudeNiveau 4Tous publics

Atrophie génitale sous testostérone chez les personnes transmasculines : fréquente et mal prise en charge

Genital atrophy in transmasculine individuals using testosterone: symptom experiences, treatment preferences, and barriers to care

Auteurs
Tordoff DM, Quint M, Anderson GO, Shook A, Flentje A, et al.
Source
The Journal of Sexual Medicine, 23(10),
Type d'étude
Étude qualitative par entretiens individuels (analyse secondaire, analyse thématique et de contenu) · 28 adultes transmasculins vivant aux États-Unis, sous testostérone depuis au moins 1 an et ayant un vagin
Niveau de preuve
Niveau 4 — Série de cas, étude pilote, avis d'experts
Référence
DOI 10.1093/jsxmed/qdag308(nouvel onglet)

En bref

Chez les personnes transmasculines (personnes trans dont l'identité se situe du côté masculin) ayant un vagin et prenant de la testostérone, la muqueuse génitale peut s'affiner et s'assécher (atrophie génitale). Des chercheurs américains ont interrogé 28 adultes sous testostérone depuis un an ou plus. Près des deux tiers en avaient déjà souffert, de la sécheresse à une douleur durable gênant la marche ou le fait d'uriner. Les œstrogènes locaux (hormones appliquées dans le vagin) soulageaient la plupart des utilisateurs, mais la crème était la forme la moins appréciée. Obstacles cités : symptômes minimisés, refus de prescription ou de remboursement. Cette petite étude par entretiens, sans examen médical, ne mesure ni la fréquence réelle du problème ni l'efficacité des traitements.

Analyse pour les professionnels

Analyse secondaire d'une étude qualitative : entretiens individuels (30 à 60 min, codage en double) auprès de 28 adultes transmasculins sous testostérone depuis au moins 1 an, ayant un vagin, recrutés via un réseau communautaire LGBTQIA+ national américain. 93 % connaissaient l'atrophie génitale, 64 % l'avaient déjà ressentie (46 % dans l'année). Symptômes allant d'une sécheresse transitoire lors de la pénétration à une douleur chronique gênant la marche, la position assise et la miction. 79 % connaissaient les œstrogènes génitaux topiques, 43 % en avaient utilisé, la plupart avec un soulagement. La crème, forme la plus prescrite, était la moins préférée ; ovules ou comprimés vaginaux et anneau étaient préférés. Inquiétudes : absorption systémique des œstrogènes et interférence avec la testostérone. Freins : méconnaissance des soignants, symptômes minimisés, refus de prescription ou de remboursement. Les auteurs recommandent d'informer dès l'instauration de la testostérone et appellent à des essais (œstrogènes locaux, DHEA, ospémifène).

Points clés

  • Près de deux tiers des participants avaient déjà ressenti une atrophie génitale sous testostérone.
  • Les œstrogènes locaux soulageaient la plupart des utilisateurs, mais la crème, forme la plus prescrite, était la moins appréciée.
  • Obstacles fréquents : symptômes minimisés, refus de prescription ou de remboursement.
  • Étude qualitative sur 28 personnes, symptômes auto-déclarés sans examen : aucune efficacité de traitement n'est démontrée.

Limites

Petit échantillon qualitatif, non représentatif (niveau d'études et recours aux soins élevés) ; symptômes auto-déclarés sans examen gynécologique (d'autres causes, comme des modifications du microbiote vaginal, sont possibles) ; contexte assurantiel américain ; aucune évaluation comparative des traitements.

Financement et liens d'intérêts des auteurs

Financement public (NIH : NIAID, NIDA) et département de gynécologie-obstétrique de Stanford. Deux auteurs déclarent des honoraires de conseil auprès d'entreprises de santé (dont Hims and Hers Health, Folx Health), sans lien avec ce travail ; les autres auteurs ne déclarent aucun conflit.

Consulter la publication originale(nouvel onglet)