ÉtudeNiveau 3Tous publics

Prostatectomie radicale : 40 % des hommes restent sexuellement actifs à 5 ans, une partie autrement

Sex life in male patients five years after radical prostatectomy

Auteurs
Goeldner VA, Wich R, Schmalbrock LJ, et al.
Source
The Journal of Sexual Medicine,
Type d'étude
Cohorte longitudinale monocentrique (questionnaires avant et 5 ans après l'intervention), sans groupe contrôle · 718 hommes opérés d'une prostatectomie radicale entre janvier 2015 et août 2019 à l'Université technique de Munich (sur 1 589 opérés)
Niveau de preuve
Niveau 3 — Étude cas-témoins, cohorte rétrospective ou essai non randomisé
Référence
DOI 10.1093/jsxmed/qdag305(nouvel onglet)

En bref

L'ablation chirurgicale de la prostate (prostatectomie radicale) retentit souvent sur l'érection et la vie sexuelle. Une équipe allemande a interrogé 718 hommes avant l'opération puis cinq ans après. La part d'hommes sexuellement actifs passe de 76,2 % à 39,8 %, et les hommes très satisfaits de leur vie sexuelle deviennent rares. Une partie d'entre eux a développé des pratiques qui ne dépendent pas de l'érection : masturbation, caresses, sexe oral, aides sexuelles. Les auteurs y voient une piste pour un accompagnement plus réaliste et plus positif. Sans groupe de comparaison, l'étude ne permet pas de séparer l'effet de la chirurgie de celui de l'âge. Près de la moitié des opérés n'ont pas pu être analysés, et les résultats concernent surtout des hommes âgés vivant en couple.

Analyse pour les professionnels

Cohorte longitudinale monocentrique (Université technique de Munich) : sur 1 589 hommes opérés d'une prostatectomie radicale entre janvier 2015 et août 2019, 718 ont été analysés après exclusion de 121 patients ayant reçu un traitement néoadjuvant et de 750 sans données sur la sexualité avant ou à 5 ans. Évaluation par questionnaires : activité sexuelle, rapports, masturbation, importance et satisfaction de la vie sexuelle, communication dans le couple, Erection Hardness Score, et question ouverte sur les nouvelles pratiques indépendantes de l'érection. À 5 ans (âge moyen 70,7 ± 7,8 ans ; 91,9 % en couple), l'activité sexuelle passe de 76,2 % à 39,8 % (P < .001) ; parmi les actifs, la pratique de rapports passe de 96,1 % à 72,0 %. Les « très satisfaits » passent de 32,7 % à 4,3 %. Parmi les 170 répondants (23,7 %) à la question ouverte : masturbation 38,2 %, câlins et caresses 27,1 %, sexe oral 19,4 % ; 18,2 % utilisent des aides sexuelles. Conclusion des auteurs : un conseil plus réaliste et positif est possible en abordant la sexualité au-delà de la pénétration.

Points clés

  • À 5 ans, 39,8 % des hommes sont sexuellement actifs, contre 76,2 % avant l'intervention.
  • La satisfaction sexuelle chute nettement (« très satisfaits » : de 32,7 % à 4,3 %).
  • Une partie des hommes développe des pratiques indépendantes de l'érection (masturbation, caresses, sexe oral, aides sexuelles).
  • Près de la moitié des opérés exclus faute de données : résultats possiblement biaisés et peu transposables aux hommes jeunes ou sans partenaire.

Limites

Monocentrique, sans groupe contrôle (l'effet du vieillissement sur 5 ans n'est pas séparé de celui de la chirurgie). 750 opérés sur 1 589 exclus faute de données avant ou à 5 ans : biais d'attrition possible. Seuls 23,7 % ont répondu à la question ouverte sur les nouvelles pratiques. Cohorte âgée et majoritairement en couple ; questionnaires auto-déclarés.

Financement et liens d'intérêts des auteurs

Aucun financement ni conflit d'intérêts déclaré.

Consulter la publication originale(nouvel onglet)

Référence vérifiée le 5 octobre 2026 · Édition n°2 · Synthèse rédigée avec l'assistance d'outils d'IA et validée par un médecin.